Une forte poitrine est-elle un obstacle au sport?

Publié le : 11/04/2019 13:34:40
Catégories : Entrainement

Une forte poitrine est-elle un obstacle au sport?

Une forte poitrine est-elle un obstacle au sport?


Lorsqu’elles ne trouvent pas de soutiens-gorges adaptés à leur poitrine généreuse, certaines femmes se détournent de l’activité physique, selon des chercheuses australiennes.

Les femmes qui ont une «très grosse» poitrine passent environ 37% de temps en moins à faire du sport que celles ayant des petits seins, selon trois chercheuses du laboratoire de biomécanique de l’université de Wollongong, en Australie. La moitié des femmes concernées déclare en outre que leur «grosse» ou «très grosse» poitrine est la raison actuelle ou ancienne de leur manque d’activité physique.

Toutefois, les auteurs concèdent qu’il est difficile de savoir si la réduction d’activité est directement liée à des seins encombrants, ou à l’obésité qui est souvent liée. Les femmes en surcharge pondérale ou obèses ont en effet des seins deux à trois fois plus gros que les autres femmes.

Manque de standardisation

La question est aussi de savoir comment Celeste Cotman, Julie Steele et Deirdre McGhee ont défini les grosses et très grosses poitrines. C’est là que les choses se compliquent.

Mesurer un sein n’est pas simple, et ne fait toujours pas l’objet d’un consensus scientifique. Il y a quinze ans déjà, le Pr Steele et le Dr McGhee dénonçaient le manque de standardisation de la mesure du tour de poitrine et du bonnet. Au niveau international (voir le tableau des équivalences), mais aussi d’une marque de lingerie à l’autre, ce qui n’est guère surprenant étant donné la complexité de la forme d’un sein. Pour leur étude, les chercheuses australiennes ont donc utilisé un scanner pour déterminer le volume des seins.

Dans les mesures qu’elles ont effectuées sur 355 Australiennes volontaires âgées de 18 à 75 ans, les volumes allaient de 48 ml à 3100 ml (par sein). Les chercheuses ont estimé que les grosses poitrines commençaient à 700 ml et les très grosses à 1200 ml. Les seins d’un volume inférieur à 350 ml étaient classés de petite taille. Entre 350 et 700 ml, ils étaient considérés de taille moyenne.

Vélocité du mamelon

On sait depuis longtemps que tous les seins, et pas seulement les gros, sont malmenés lors d’un effort physique. En 1980, deux chercheuses américaines ont mesuré, lors d’un jogging sur tapis, les mouvements de poitrine d’une quarantaine d’athlètes (de 90C à 95 D) portant différents modèles de soutien-gorge de sport. Sept sur dix avaient la poitrine endolorie après l’effort.

Grâce aux capteurs placés sur les mamelons et le thorax, les chercheuses ont pu constater que c’est la masse du sein conjuguée à la vitesse de déplacement du mamelon qui détermine l’inconfort des joggeuses. Des déplacements rapides de 2 cm seulement peuvent suffirent à déclencher des douleurs. Ainsi, des petits seins mal maintenus et ballottés lors d’un effort vigoureux peuvent faire aussi mal qu’une forte poitrine secouée lors d’un effort modéré. En revanche, un soutien-gorge de sport réduit de moitié les déplacements des seins, et donc les douleurs.

Choisir un soutien-gorge

Bien qu’elles constituent un obstacle, les fortes ou très fortes poitrines n’empêchent donc pas de faire du sport, en particulier si l’on adopte des soutiens-gorge adaptés. De plus, certaines activités, telles que la marche ou la natation, ne sont pas agressives pour la poitrine et restent possibles quel que soit le volume des seins.

Reste à savoir choisir ce fameux soutien-gorge. Il y a une dizaine d’années, Steele et McGhee se sont aperçues que 85% des femmes testées portaient un soutien-gorge inadapté à leur poitrine! Or les conséquences d’un soutien-gorge mal adapté sont d’une part, le risque de douleurs aux seins, au dos, au cou ou aux épaules, et d’autre part, l’inconfort lors des efforts physiques.

Souvent sein varie

À l’évidence, les paramètres à prendre en compte pour choisir un soutien-gorge vont bien au-delà d’un tour de thorax et d’un bonnet. Certains seins ont par exemple une base étroite, d’autres une base large. Les gros seins ont évidemment tendance à tomber davantage (ptose) et à s’écarter l’un de l’autre. La forme du sein varie également selon la position du corps et des bras, la respiration et la physionomie de chacune. Sans compter les modifications d’élasticités de la peau, qui doivent inciter à porter un soutien-gorge plus soutenant à mesure que l’on vieillit.

On peut avoir une idée du volume de ses seins grâce au tableau réalisé par une passionnée, Camille (ici). La jeune femme explique qu’un bonnet D n’est pas forcément énorme, car tout dépend de la largeur du dos: «Sur ce tableau, on voit bien qu’un bonnet D peut aller de 230 centimètres cubes à 2060 centimètres cubes» (1 cm3 = 1 ml). Voire jusqu’à 3100 ml, si l’on intègre les très grandes tailles.

http://sante.lefigaro.fr/article/une-forte-poitrine-est-elle-un-obstacle-au-sport/

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