Est-il vraiment utile de prendre de la vitamine C en hiver?

Publié le : 05/03/2019 14:07:49
Catégories : Nutrition

Est-il vraiment utile de prendre de la vitamine C en hiver?

Est-il vraiment utile de prendre de la vitamine C en hiver?


NOS CONSEILS SANTÉ - Les compléments alimentaires contenant de la vitamine C sont souvent perçus comme des alliés indispensables pour passer l’hiver. Qu’en est-il vraiment?

Plus de 1,8 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2017, en hausse de 5,8% par rapport à 2016: le marché des compléments alimentaires se porte à merveille, selon le Synadiet (Syndicat national des compléments alimentaires). Parmi eux, une star depuis quarante ans: la vitamine C, qui nous promet forme, énergie et bonne mine éternelles.

L’être humain n’a d’autre choix que de la trouver dans son alimentation. Et elle lui est indispensable, puisqu’elle intervient dans de multiples réactions biochimiques, comme le rappelait en mai dernier la Haute autorité de santé: synthèse du collagène (donc constitution des tissus), rôle dans l’absorption du fer, action sur le système immunitaire...

À quoi sert la vitamine C?

« C’est une vitamine fragile; utilisée comme antioxydant, elle va consommer l’oxygène, et donc s’oxyder avant le principe actif qu’elle protège ainsi. »

Pr Frédéric Lagarce, directeur du Département Pharmacie à l’Université d’Angers

La vitamine C est l’un des quatre antioxydants de l’alimentation (avec la vitamine E, le bêtacarotène et le sélénium), pouvoirs qui font d’ailleurs qu’elle est utilisée partout dans l’industrie alimentaire, la pharmacie ou la cosmétique. «C’est une vitamine fragile; utilisée comme antioxydant, elle va consommer l’oxygène, et donc s’oxyder avant le principe actif qu’elle protège ainsi», explique le PrFrédéric Lagarce, directeur du Département Pharmacie à l’Université d’Angers.

Faut-il pour autant, à l’entrée de l’hiver, faire une cure de cette vitamine miracle? Du côté de la science, la réponse est claire: sauf à ne jamais croiser un fruit ou un légume dans son assiette, se supplémenter ne sert… strictement à rien.

Avaler des comprimés de vitamine C n’est certes pas dangereux. La vitamine C en excès est éliminée dans les urines et les fèces, le surdosage ne survient qu’à des doses extrêmement importantes et sauf pathologies particulières, il ne provoque que des troubles digestifs mineurs et éventuellement favorise les calculs rénaux.

Fruit ou comprimé, c’est la même molécule mais «sous deux formes différentes», précise Frédéric Lagarce. «De l’acide ascorbique dans les fruits et légumes, et de l’ascorbate de sodium dans les comprimés. Mais cela ne fait pas de différence dans la façon dont la molécule est active». «Elle est plus efficace via les fruits et légumes, car elle entre en synergie avec d’autres vitamines», ajoute toutefois le Dr Laurent Chevallier, médecin nutritionniste.

Où la trouve-t-on?

« Une portion de fruit apporte en moyenne 40 mg de vitamine C »

Dr Laurent Chevallier, médecin nutritionniste

Les apports recommandés sont en France de 110 mg par jour (un peu plus pour les femmes enceintes, les fumeurs et les plus de 75 ans). Des quantités très faciles à atteindre avec une alimentation équilibrée. «Une portion de fruit apporte en moyenne 40 mg de vitamine C», selon Laurent Chevallier. Certains sont évidemment plus riches en vitamine C que d’autres. Goyave, cassis ou litchi font bien mieux que la fameuse orange, selon la table de composition nutritionnelle Ciqual.

Des légumes sont encore plus riches en vitamine C, mais celle-ci est sensible à la chaleur ; ainsi, le brocoli contient 106 mg de vitamine C pour 100 g lorsqu’il est cru, mais seulement 24 une fois cuit ; la pomme de terre, qui affiche 19 mg/g crue, tombe à moins de 10 mg/g une fois rôtie au four (données Ciqual).

Quels sont les risques?

Inutile, cependant, de vous lancer dans des calculs d’apothicaires pour savoir si votre consommation de vitamine C est suffisante. La carence, qui en 1 à 3 mois se traduit par le scorbut (hémorragies, notamment des gencives, risque infectieux augmenté, convulsions, défaillances d’organes…), correspond à un apport extrêmement faible, inférieur à 10 mg par jour. Quelques cas apparaissent régulièrement, mais ils concernent des gens très désocialisés ou à l’alimentation particulièrement déséquilibrée.

Quant au déficit modéré, la HAS avance prudemment qu’«il est vraisemblable qu’une pérennisation d’un état déficitaire en vitamine C puisse avoir des effets délétères», mais aucune étude ne permet actuellement d’associer le déficit avec une quelconque maladie.

Car de fait, de très nombreux travaux scientifiques ont tenté de prouver les bienfaits de la vitamine C pour prévenir diverses pathologies (maladies cardio-vasculaires, pneumopathies, cancers…). Las: la seule indication pour laquelle on possède quelques éléments de preuve solide concernait jusqu’à il y a peu… la durée du rhume. Mais si une analyse menée par la collaboration Cochrane évoquait en 2013 «un effet modeste mais constant pour réduire la durée des symptômes du rhume banal», de nouveaux travaux, publiés récemment, ont conclu que «la vitamine C a un impact minime ou pas d’impact sur la durée du rhume».

http://sante.lefigaro.fr/article/est-il-vraiment-utile-de-prendre-de-la-vitamine-c-en-hiver-/

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